Vote d’une loi portant sur l’interdiction des sachets plastiques au Burkina Faso

A l’unanimité, les députés ont voté la loi portant interdiction de la production, de l’importation, de la commercialisation et de la distribution des sachets et emballages plastiques le mardi 20 mai 2014.

Cette loi composée de 15 articles permettra au Burkina Faso de se doter d’un cadre juridique spécifique approprié à la prise en charge efficace des problèmes liés aux déchets plastiques, d’encourager des modes de production et de consommation plus viables et de préserver le cadre de vie des populations. Pour sa mise en application, il sera installé dans chaque région du pays, un broyeur et des entrepôts de stockage des déchets plastiques.

A cet effet, un fonds de trésorerie sera créé et permettra de payer les collecteurs soit 100 à 125 FCFA le kilogramme en fonction de la qualité des sachets recyclés.

Pour ce qui concerne les déchets plastiques tels que les poches de sang, les bouteilles de sucrerie, les emballages alimentaires, les chaises, une taxe sera instituée et appliquée à ces produits et les fonds générés seront mis à la disposition des collectivités territoriales.

Pour l’heure, un délai de six mois a été accordé aux commerçants afin d’écouler leurs stocks. Tout contrevenant à cette loi doit être sanctionné. Aussi doivent les services de la douane empêcher l’entrée de ces sacs plastiques sur le territoire.

Il est vrai que la mise en exécution de cette loi va redonner un nouveau visage à l’environnement, mais qu’adviendra-t-il aux personnes qui vivent de la vente des sachets (les commerçants, les revendeurs, des utilisateurs) ?

D’ores et déjà, Le ministre en charge de l’environnement, Salif Ouédraogo, a entrepris des tournées dans les différentes régions du pays pour informer et sensibiliser les acteurs (impliqués dans la production, de l’importation et de la commercialisation) aux dispositions règlementaires qui ont été prises sur la question en vue de l’élimination de ces sachets plastiques.

A cet effet, il a rencontré les acteurs de la région du Centre-Sud le 23 mai et ceux du Nord le 24 mai 2014. Toutefois, reconnaît Salif Ouédraogo, il sera difficile de parvenir à une élimination totale du plastique dans notre quotidien. Il s’agit entre autres, des emballages des produits alimentaires, des produits de soins médicaux (médicaments, poches de liquides de réhydratation, poche de sang à transfuser), etc.

Ces produits qui ne seront pas frappés par la loi seront taxés. Cette taxe, indique-t-on, pourrait générer 5 à 6 milliards par an. Combien vont coûter les sachets biodégradables ? Est-ce que la population aura-t-elle les moyens de s’acquérir ces sacs ?

Autant de préoccupations qui pourraient entacher la réussite de cette loi. On gagnerait donc à prendre en compte tous ces paramètres avant sa mise en œuvre effective.

Article: Fleur Birba

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