Polémique sur l’effectivité de la connexion à fibre optique en RDC

tumblr_me99gteswd1qjxurro1_500Droit de réponse sur l’article : « Fibre optique : lancement raté»

L’article intitulé : «Fibre optique: un lancement raté», publié sous le numéro 5876 de votre Journal Le Potentiel paru en date du 15 juillet 2013 contient des contre-vérités et des graves préjugés qui appellent de notre part des mis au point que nous vous prions de bien vouloir publier, dans les meilleurs délais, conformément à la loi n°96-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de presse, au titre de droit de réponse.

Il sied de constater d’emblée que l’initiateur de cet article parait être, à n’en point douter, un néophyte en la matière, animé par un esprit négativiste qui cache certaines intentions de ses maîtres à penser et s’est refusé en plus de rechercher la vraie information.

En effet, s’agissant de la capacité du Backbone, il convient de noter que la capacité de conception est de 10 gigabits par seconde et non giga-octets, tandis que la capacité installée est de 3,7 gigabits par seconde. Cette capacité est susceptible de croître en fonction des besoins pour atteindre les 10 gigabits et même les dépasser. Toutes les dispositions sont prises pour ce faire.

Sur le plan technique, s’il existe encore des choses à faire, cela n’affecte en rien la fourniture du haut débit. L’initiateur de l’article n’a qu’à se référer aux opérateurs qui utilisent déjà cette fibre.

En ce qui concerne la pose du câble à fibre optique, nous précisons que des études de faisabilité avaient été faites au préalable et le choix et la pose du type de câble découlent de ces études.

Pour toute information, en matière de pose de câble, la profondeur dépend du type du sol et suivant les normes universellement admises, cette profondeur varie entre 60 centimètres et 120 centimètres. Quant au reste, nous le renvoyons à revoir ses notes de cours.

Autre monstruosité débitée par l’intéressé est que le câble à fibre que nous avons installé est sans gaine. Nous informons l’auteur de cet article qu’il n’existe nulle part de câble à fibre optique sans gaine. Encore une fois, nous le renvoyons à relire ses cours.

En ce qui concerne les inquiétudes sur l’alimentation des stations en énergies électriques, il convient de souligner que toutes nos stations sont dotées de trois (3) sources d’énergies à savoir: l’énergie commerciale fournie par la SNEL, les groupes électrogènes et l’énergie solaire. Les autres difficultés sont générales pour tous les opérateurs et ne peuvent pas amener le doute sur la capacité opérationnelle de nos stations. Il peut arriver des pannes de jeunesse, lesquelles peuvent se produire chez n’importe quel opérateur.

Pour ce qui est de la maintenance, le monitoring du réseau est assuré. La SCPT dispose d’un service de maintenance qui intervient en cas de besoin, suivant le résultat du monitoring. En plus, pour rassurer ses partenaires, la SCPT a signé il y a un mois un accord SLA avec un prestataire de renommée internationale à qui la grande partie des opérateurs en RDC font appel. Il s’agit bien de HUAWEI Technologies.

Pour ce qui est du lien Kinshasa-Brazzaville, il s’agit d’une liaison transfrontalière qui a pour but d’assurer l’interconnexion entre les deux pays la RDC et la République du Congo d’une part et la restauration du système WACS d’autre part. Cette liaison est importante pour les deux pays et ce, à juste titre, pour la continuité du service international en cas de coupure sur la liaison Kinshasa-Muanda ou Kinshasa-Brazzaville.

S’agissant du ring métropolitain de Kinshasa Moanda ou Brazzaville, tous les 22 km de câble prévus ont été installés. Les 90 km concernent un autre projet de i gouvernement.

Contrairement aux allégations sans aucun fondement de l’auteur dudit article, la SCPT est en négociation avec les opérateurs de téléphonie mobile, les grandes entreprises, les fournisseurs d’internet et beaucoup d’autres opérateurs en dehors des frontières nationales.

Depuis la mise en œuvre du projet WACS, la SCPT a toujours honoré ses engagements financiers vis-à-vis du Consortium, il n’y a pas à se faire des soucis outre mesure.

En ce qui concerne le coût du câble, l’auteur de l’article avance des chiffres en faisant des comparaisons sans en indiquer ses sources. Ce qui est vrai, c’est qu’il y a plusieurs paramètres qui entrent en jeu dans le calcul du coût. En vertu de quoi peut-il qualifier la fibre de la RDC de plus chère du continent.

Une autre contre-vérité à relever est que la station d’atterrage de Muanda n’a pas coûté 60 millions de dollars américains et encore moins la contribution de la SCPT dans le WACS. Le coût de la construction de la Station d’atterrage ainsi que la contribution dans le WACS ne dépassent pas 31 millions de dollars américains.

En ce qui concerne la gestion de la fibre, nous tenons à préciser que la SCPT n’est pas à sa première expérience car la gestion de la fibre optique n’est pas différente de la gestion du réseau de transport (Le câble de cuivre, les stations terriennes, faisceaux hertziens …)

A l’instar d’autres pays, ce sont les opérateurs historiques qui gèrent la Station d’atterrage, nous citons Congo Télécom, Namibie Télécom, Cameroun Télécom, Togo télécom etc. Pourquoi la RDC ferait exception.

Un auteur français du nom de Bernard Le Bovier de Fontenelle ( 1657-1757) avait déclaré, nous citons: «Assurons-nous bien du fait, avant de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode’ est bien lente pour la plupart de gens qui court naturellement à la cause et passe par-dessus du fait, mais enfin nous éviterons le ridicule d’avoir trouvé la cause de ce qui n’est point».

NDLR :

Le droit de réponse est un exercice normal dans la presse. Seulement, il faut le motiver et apporter la démonstration éclairante des faits à contredire. Cet exercice, la SCPT vient de le rater en versant dans la facilité des allégations. En rapport avec la capacité du flux des données, seule la SCPT affirme recevoir 3,7 mégabits par seconde. Quant à la croissance de cette capacité, c’est vendre du vent que de nous inviter à fonder notre confiance sur des « dispositions » qui seraient prises par la SCPT pour ce faire. Expliciter les dispositions en question aurait été édifiant.

Elles sont simplement inexistantes ! De Muanda jusqu’à Kinshasa, le câble pose réellement problème. Dans la technique, la politique de l’autruche ne paie pas. La SCPT en donne elle-même la preuve. Hier, la SCPT a signé un contrat d’interconnexion avec Vodacom-RDC. Plutôt que de se risquer la fibre enfouie sur le trajet Muanda-Kinshasa dont le coût est faible, l’opérateur cellulaire préfère de loin utiliser ses antennes plutôt que le câble déjà défectueux de la SCPT. Vodacom va se connecter directement à la station de Muanda. Il ne paiera que pour 150 mètres en lieu et place de 600 kilomètres. Le manque à gagner se passe de tout commentaire. D’ailleurs, tous les opérateurs vont opter pour le même système, en amenant le signal à Kinshasa par leurs propres antennes GSM.

Aucun opérateur de la RDC n’est connecté à la fibre. Il ne sert à rien d’alléguer le contraire. MTN n’opère pas sur le territoire congolais. Le meilleur éclairage serait de citer les opérateurs déjà connectés à la fibre afin de permettre à quiconque de se renseigner.

Quant à la bourde des études de faisabilité, nous mettons la SCPT au défi de les produire. Alimenter le débat par cette précieuse pièce permettrait à tout un chacun d’identifier la cause de tous ces malheurs actuellement dénoncés, avec le lancement raté de la fibre optique. Le choix de 75 centimètres peut-il se justifier au regard de la longue distance, plus de 600 kilomètres, sur une voie très fréquentée comme la route de Matadi. Coupler avec la grande pluviométrie qui charrie régulièrement d’énormes quantités de terre, le meilleur choix aurait été un enfouissement de plus de 120 centimètres. D’ailleurs, avec le coût appliqué de 75.000 USD, la fibre optique congolaise pouvait être enfouie à deux mètres de profondeur. Ce qui lui aurait offert plus de sécurité. Nous renvoyer aux études, relève de la polémique inutile.

Nous sommes journalistes, donc néophytes en cette matière. Alléguer que la fine gaine qui entoure la fibre optique la protégerait des rongeurs et des intempéries est simplement scandaleux et justifie les inquiétudes des opérateurs. Il faut des tuyaux dans lesquels, et la fibre et sa fine gaine devraient être protégées.

Pourquoi évite-t-on de parler de l’année d’installation des groupes électrogènes au niveau de neuf stations le long du trajet ? Certains sont cannibalisés. L’énergie solaire qui constitue la base sur laquelle la SCPT compte s’appuyer pour développer la capacité et offrir 10 gigabits (!) aux usagers ne convainc personne. Ni même la SCPT elle-même ! Le courant erratique de la SNEL serait-il devenu subitement sûr au point de fonder une politique fiable d’exploitation de la fibre optique ? MTN congo-brazzavillois acquiescerait-il ?

Cerise sur le gâteau, le fournisseur Huawei est également chargé de la maintenance de la ligne. Celui-là même qui a livré le chantier sans une contre-expertise indépendante ne devrait-il pas, préalablement, être audité sur la pose de la fibre avant de prendre la responsabilité de la maintenance ?

Quant aux coûts de la pose des fibres optiques, ils sont disponibles sur internet. La fibre de la RDC est triplement onéreuse. 60 millions USD est un chiffre avancé par le ministre Kin-Kiey Mulumba dans son allocution à Muanda le 08 juillet. D’ailleurs, comparé à la station d’atterrage d’Abuja au Nigeria ou du Congo-Brazzaville (+/-5 millions USD), celle de la RDC a coûté six fois plus. Une dette que nos enfants seront contraints de payer. Il faut boucler la boucle.

La SCPT considère que sa gestion du câble de cuivre et autre faisceaux hertziens est une expérience à rééditer. Dans cette éventualité et dans les mêmes conditions, la fibre optique subira inévitablement le même sort : la misère ! L’expertise de la SCPT n’est pas une référence en la matière. Il est vrai que dans de nombreux pays les opérateurs historiques gèrent la fibre optique. Qu’en est-il de la RSA, le Kenya, la Tanzanie, le Zimbabwe, … qui ont confié la gestion de la fibre à des privés mieux outillés sous l’œil vigilant de l’opérateur public ?

Le Potentiel clôt ce débat inutile. Mais, lorsque l’intérêt supérieur de la nation le dictera, nous n’hésiterons pas à y revenir. Enfin, les téléchargements seraient-ils devenus rapides depuis le 08 juillet 2013 ? Aux usagers de répondre.

 

Source: Le Potentiel

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