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Kagame de nouveau sous la sellette dans l’affaire Habyarimana

Le serpent de mer nous revient. Cette fois-ci, il a réapparu du côté du fleuve Orange en Afrique du Sud. Ceux qui ont eu l’audace de le faire remonter en surface s’appellent Faustin Kayumba Nyamwasa et Patrick Karegeya.

article-2359343-1AC089DD000005DC-657_634x838Les deux sont respectivement ancien chef d’état-major et ex-chef des services de renseignement de l’actuel homme fort de Paul Rwanda.

Pour avoir été des proches collaborateurs de Kagamé au moment de la guerre, ils persistent et signent que c’est leur ancien maître qui est l’auteur de l’assassinat en 1994 de Juvénal Habyarimana, ancien président du Rwanda.

En rappel, dans la soirée du 6 avril de cette année, le président Habyarimana, le président Cyprien Ntaryamira du Burundi ainsi que d’importantes personnalités revenaient de Tanzanie où ils avaient participé à un sommet consacré aux crises burundaise et rwandaise.

Leur Falcon 50 avait amorcé sa phase d’atterrissage sur l’aéroport de Kigali lorsqu’il a été atteint par un tir de missile sol-air. Cette catastrophe a marqué le début du génocide rwandais avec ses 800 000 morts.

Assurément, il s’agit de deux pavés dans la mare toujours très trouble. Evitant d’entrer dans les détails mais mettant en appétit lecteurs et potentiels enquêteurs, l’ex-chef des renseignements affirme qu’il connaîtrait même l’endroit d’où sont partis les missiles.

Les deux invités de RFI piaffaient d’impatience d’être entendus par la justice internationale afin de partager le lourd secret. Est-ce l’heure de la révélation de choc ou une volonté d’en découdre de la part d’anciens collaborateurs mis à l’écart et condamnés à l’exil ?

L’avenir nous en dira davantage, même si, quelque part, la stratégie de gouvernance adoptée par Paul Kagamé et présentée par les deux témoins donne froid au dos.

En attendant, le dossier Habyarimana n’a pas fini de livrer son secret, malgré les “gacaca” (ces tribunaux populaires où bourreaux, aux côtés de victimes qui ont survécu et de parents de victimes, avouent leurs crimes les larmes plein les yeux), le Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR) et la Cour européenne des droits de l’Homme.

Bref, tout a été mis en branle pour élucider le génocide rwandais, tant sur les plans national qu’international, sans qu’on arrive pour autant à lever totalement le voile sur les responsabilités dans l’assassinat d’Habyarimana.

Peut-être que ce sont les extrémistes hutus qui ont trucidé le président pour justifier le début des massacres. Peut-être que ce sont les Tutsis qui sont derrière l’assassinat pour avoir un prétexte à l’épuration.

Peut-être que la France y est pour quelque chose, comme le pensent d’aucuns; malheureusement, à l’image de «si» pour Paris, avec des «peut-être», l’on peut tout aussi mettre le génocide en bouteille.

Les versions et autres conclusions se suivent et se contredisent. C’est le cas de celle du juge français Jean-Louis Bruguière, qui a écrit un livre sur cette affaire et n’a eu le mérite que de brouiller, et pour longtemps encore, les relations entre la France et le Pays des mille collines.

Jusque-là, malgré les tentatives des présidents français de crever l’abcès, les rapports ne sont pas au beau fixe, d’autant que, pour Kigali, le péché originel de la France est d’avoir poussé au génocide par un soutien sans faille aux autorités rwandaises de l’époque.

 

Article de : ISSA K. BARRY

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