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{News} La Libye choquée par la violence des milices

Tripoli — Le chef d’état-major de l’armée libyenne Youssef al-Mangoush a démissionné dimanche 9 juin, au lendemain des affrontements violents avec des milices de Benghazi qui ont fait trente-et-un morts et une centaine de blessés.

1ce5ce32ac983a0e2f1d89e721bad232 (1)Ces heurts ont éclaté samedi, lorsque des centaines de manifestants ont tenté de déloger la brigade du premier Bouclier libyen de son quartier général à Benghazi. Ces manifestants ont entouré le bâtiment, demandé le démantèlement de la milice et l’intervention des forces de sécurité régulières.

Avant sa démission, al-Mangoush a condamné ces violences et annoncé que les quatre brigades du Bouclier libyen de Benghazi seraient intégrées dans l’armée, a précisé le Libya Herald.

Le colonel Abdallah al-Shaafi, porte-parole du comité de sécurité conjoint de Benghazi, a déclaré que la première brigade des forces spéciales contrôlait désormais le siège de la brigade du Bouclier libyen après être intervenue pour mettre un terme aux affrontements.

Cinq membres des forces spéciales ont été tués et dix autres blessés lors d’une explosion dont la cause reste inconnue. Il a souligné que les forces du Bouclier libyen s’étaient présentées à l’armée comme une force de réserve, sur la base d’une décision antérieure prise par le Congrès général national (CGN).

Pour sa part, le CGN a tenu une session d’urgence dimanche pour parler de l’évolution de la situation à Benghazi.

Son vice-président, Juma Attiga, a décrété trois jours de deuil national et demandé à toutes les parties de faire preuve de retenue.

“Toutes les parties doivent assumer leurs responsabilités et donner la priorité à un dialogue national sérieux entre toutes les entités politiques, les acteurs sociaux et les organisations de la société civile, afin d’épargner à notre pays et à la révolution les causes d’une sédition et d’un conflit”, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il a ensuite rappelé la décision du CGN de nommer l’adjoint d’al-Mangoush, le général Salem al-Gnaidy, à la tête des armées jusqu’à la désignation d’un nouveau chef d’état-major.

Dans son communiqué, le CGN a demandé au gouvernement de présenter d’ici à deux semaines un plan prévoyant un mécanisme spécifique d’intégration de toutes les formations armées au sein de l’armée libyenne. Le congrès a également appelé à prendre des mesures pratiques pour mettre un terme à la présence des brigades armées, incluant si nécessaire l’emploi de la force militaire.

Le CGN a de plus demandé que le ministère de la Défense ouvre une enquête sur le non-respect des instructions et des réglements militaires. Il a par ailleurs souhaité que le procureur général nomme un juge chargé d’enquêter sur ces évènements.

Muftah al-Barghati, politologue de Benghazi présent entre 11 heures et les prières du coucher du soleil, a expliqué que les deux parties avaient échangé des coups de feu en employant des armes légères et de moyen calibre.

Il s’est demandé où se trouvaient l’armée et la police, ainsi que la force de sécurité conjointe récemment mise en place, les sheikhs et les leaders tribaux. “S’ils avaient été présents dès le départ, nous n’en serions pas arrivés là”, a-t-il souligné.

“Au départ, cette manifestation était pacifique”, a déclaré Mohamed Abdul Nasser, l’un des participants à cette action anti-milice. “Un groupe négociait la sortie du camp avec le commandant du Bouclier 1, Wissam Bin Hamid, qui a demandé à ses forces de rejoindre l’armée nationale. Après cela, des coups de feu ont éclaté dans tous les sens.”

Pour sa part, le commandant du Bouclier 1 Wissam Bin Hamid a déclaré que certains jeunes présents dans la foule avaient commencé à tirer.

“Nous avons tenté de les arrêter, et les avons traités comme des civils, en les repoussant à l’aide de nos boucliers. Après cela, nous avons été la cible de tirs de RPG et de PKT, et certains de nos éléments ont été tués”, a-t-il expliqué.

Il a également indiqué que certains manifestants étaient “les mêmes que ceux qui avaient pris part à l’opération Vendredi au secours de Benghazi lors de laquelle la brigade Rafallah al-Sahati avait été assiégée le 21 septembre 2012”.

“Il y avait de nombreuses personnes à la fois à l’intéreur et à l’extérieur du camp, et des échanges de coups de feu très nourris. Après l’arrivée des forces, nous nous sommes retirés sous les balles. Des personnes ont été blessées depuis l’intérieur du camp, et plusieurs de nos éléments ont été touchés à la tête”, a expliqué le commandant de cette milice.

Mais Adel al-Barasi, porte-parole de l’armée nationale libyenne, a expliqué pour sa part que “les forces du Bouclier libyen auraient dû évacuer totalement ce site et le remettre aux forces spéciales ou à d’autres forces, afin d’éviter ces affrontements meurtriers.”

Il a souligné que les Libyens “ne veulent pas de brigades, qu’elles soient légitimes ou non. Le peuple veut une armée et une police, et toutes les autres entités doivent les rejoindre.”

“Je condamne fermement ce qui s’est produit devant le siège du Bouclier libyen. Le ministère de la Défense ouvrira rapidement une enquête très approfondie. Les condamnations seront claires à l’encontre de ceux qui ont voulu exploiter cet incident et ceux qui en sont à l’origine”, a-t-il conclu.

 

Source: Magharebia

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