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{Environnement} Greenpeace appelle Macky Sall à maintenir le gel des licences de pêche au Sénégal

Il faut sauver…pas le soldat Ryan du réalisateur Steven Spielberg mais le thiof sénégalais. Une mission que s’est donnée l’organisation Greenpeace Afrique pour venir à la rescousse d’un poisson dont la rareté a fini de le transformer en une denrée de luxe réservée à la classe bourgeoise et aux milieux hôteliers sénégalais. Une campagne est ainsi partie de Dakar. Elle devra s’ébranler jusqu’en 2014 pour finir au niveau international.

00230576-d7561b0d9b33ee38c5aadfc9ec5b4ab9-arc495x324-w495-us1C’est dans les jardins symboliques du Centre culturel Léopold Sedar Senghor de Dakar (ex Centre culturel français) qu’a été lancée, le vendredi 22 février 2013, la campagne « Sauvons le thiof » (ndlr : nom wolof du poisson mérou blanc). Une opération qui sonne la mobilisation internationale pour la préservation de cette espèce halieutique menacée de disparition. « Sur exploité, le thiof, de son nom scientifique « Epinephelus aeneus», devient de plus en plus inaccessible et cher pour la plupart des Sénégalais », renseigne les services de Greenpeace Afrique.

Abdoulaye Ndiaye, mareyeur à Ngaparou (à 70 kilomètres de Dakar) confirme amèrement : « Il n’y a plus de thiof au Sénégal ». A l’en croire, le stock de cette espèce que l’on retrouve actuellement sur les étals des marchés sénégalais provient de la Guinée Bissau ou des bolong, zones de reproduction où la pêche est interdite.

A cet aléa s’ajoutent les foudres de la crise européenne qui n’ont épargné aucun produit halieutique. « Depuis septembre 2012, tous les prix des produits halieutiques qui étaient exportés vers l’Europe ont subi une baisse drastique et le thiof n’est pas une exception », renseigne ce mareyeur de Ngaparou. Sur un air désespéré, Abdoulaye Ndiaye confie que : « actuellement, le Sénégalais lambda peut espérer apercevoir le thiof dans son plat de thiébou djeun (riz au poisson, ndlr) parce que le kilogramme qui  était vendu à 8 000 F Cfa en 2011 est, depuis le mois de décembre 2012, entre 3 000 à 3500 F Cfa ».

Un éclairci qui n’est pas tout à fait bénéfique aux pêcheurs du fait de la rareté de la ressources sur les côtes sénégalaises. Une situation qui, selon M. Ndiaye, a une incidence négative au sein même des familles des professionnels de la mer du moment que « le thiof est l’une des rares espèces halieutiques dont l’exploitation normale peut donner une rentabilité consistante aux pêcheurs car son cycle de reproduction, malgré la lenteur, ne connait pas d’interruption pendant toute l’année». Sur ce point, le chargé de campagne Océans à Greenpeace Afrique, M. Ahmed Diamé, a fait savoir que le danger qui accélère la disparition du « mérou blanc » est lié au fait que c’est une espèce qui est souvent pêchée prématurément. « Le thiof est un poisson qui né femelle et devient male après quelque temps. Si les elle est capturé à bas âge sa reproduction est menacée ».

Cette situation de catastrophe a poussé Greenpeace à enfiler sa tenue de « combat » pour espérer sauver le thiof qui est une espèce en danger. D’où la campagne « Sauvons le thiof ». Pour ainsi réussir une bonne entrée en matière, le célébré batteur sénégalais, M. Doudou Ndiaye Rose qui porte le titre d’« ambassadeur du thiof » a montré tout son engagement et sa détermination à accompagner cette campagne et lutter pour une bonne cause. Accompagné d’une vingtaine de membres de son équipe, il a gratifié le public du Centre culturel Léopold Sedar Senghor d’un « hymne au thiof ». Un morceau de six minutes qu’il a composé aux sonorités de tam-tam et devant agrémenter les étapes de cette campagne. Ce batteur sénégalais lie son engagement à un intérêt à protéger le thiof au bénéfice de toute la population.

Ahmed Diamé, de son côté, a confié que toutes les études montrent que le thiof est une espèce menacée de disparition. Face à cette situation, il pense qu’il y a des mesures à prendre au niveau collectif mais surtout au niveau individuel. C’est ainsi que pour la présente campagne, Greenpeace va « s’attaquer » aux restaurants, grandes surfaces mais aussi les grands consommateurs de thiof pour les sensibiliser sur le danger qu’encoure ce poisson tant prisé. Pour un début, l’organisation fera de sorte à amener cinq grands restaurants et grandes surfaces déjà ciblés à changer de comportement par rapport au rythme de consommation et d’exploitation du thiof.

La campagne qui s’étire jusqu’en 2014, fera le tour du pays, surtout des zones et lieux de culte des pêcheurs pour accentuer les séances d’information. Des actions sont même prévues jusqu’au niveau des firmes internationales qui achètent le thiof du Sénégal.

 

Article de : Bacary Dabo

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