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Madagascar futur grenier de l’Océan indien

La Commission de l’océan Indien a choisi Madagascar pour devenir le grenier de la zone. Plusieurs actions seront menées pour atteindre cet objectif, dont la facilitation des investissements.

Viceroy-Bali-1-1024x682Sofia, Vakinankaratra et Menabe. Ce sont les trois régions choisies pour la réalisation du projet de la Commission de l’océan Indien (COI) en vue d’approvisionner la zone en denrées alimentaires. Il consiste à augmenter, d’une manière considérable la production de maïs, de riz, de grains secs et d’oignons. Ces produits sont, selon la COI, les plus consommés et les plus importés par l’ensemble des îles.

À travers ce projet, Madagascar pourra atteindre l’autonomie alimentaire et posséder assez d’excédents pour approvisionner les iles voisines, membres de la COI. Du point de vue pratique, ce projet est réalisable. Sur les 60 millions ha de superficie totale cultivable de la Grande île, presque la moitié se prête à l’agriculture, et 18 millions ha demeurent encore disponibles (source EDBM).

«La Grande île concentre 98 % de notre surface agricole utile, hors plantation sucrière. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), elle produit déjà 5 millions de tonnes de paddy, 370 000 tonnes de maïs, 133 000 tonnes de grains secs et 7 000 tonnes d’oignons, par an. Ces chiffres sont bien au-deçà du potentiel de production», déclare le secrétaire général de la COI, Jean Claude de L’Estrac, dans son discours, lors de la cérémonie d’ouverture de la réunion qui s’est tenue à Mahajanga, il y a une quinzaine de jours.

Cependant, la réalisation de ce projet dépend de l’aboutissement de plusieurs actions. Madagascar devra remplir certaines conditions avant de prétendre devenir le grenier de l’océan Indien. Les participants à l’atelier en ont soulevé les plus urgentes.

La Grande île devra, par exemple, améliorer la loi sur les investissements et assurer l’égalité de traitement des investisseurs malgaches. L’accès au foncier a été indiqué comme étant un exemple d’inégalités. Il est, cependant, nécessaire de souligner que ces deux points ont toujours été au centre des négociations entre le secteur privé et le secteur public au cours des régimes successifs. Les résultats obtenus jusqu’ici sont encore minimes.

Un autre problème concerne l’acquisition des terres pour l’exploitation agricole. Dans ce projet, elle sera en conformité avec le droit foncier et coutumier malgache. Il revient, par la suite, à l’administration de juger s’il est opportun d’octroyer, ou non, un terrain domanial.

Avec l’attachement des Malgaches aux terres, il est, en effet, peu probable que des particuliers acceptent de céder facilement leurs terrains, à moins que ce soit pour être mis en location. Un problème qui pourrait survenir concerne également les occupations des terrains domaniaux par des particuliers. Cela pourrait entraîner des expropriations pour intérêt public.

Le souci de la qualité se pose aussi. Madagascar ne dispose pas de laboratoire des normes qui permettra d’évaluer le respect des normes des produits destinés à l’exportation. Un système de contrôle de qualité devra ainsi mis en place pour assurer la protection de la santé, de la sécurité et de la vie des personnes et des animaux. Le laboratoire qui assurera cette tâche sera ouvert dans la Grande île, afin d’éviter les coûts supplémentaires engendrés par l’envoi d’échantillons à l’extérieur.

Dans ce projet, les contraintes humaines apparaissent aussi comme non négligeables. Des formations sont à initier afin de passer de l’agriculture traditionnelle au système d’exploitation intensive.

Transformer Madagascar en grenier de l’océan Indien représente ainsi un chantier qui nécessite le déploiement de tous les moyens existants mais surtout d’une forte volonté politique. Sa réalisation nécessite des investissements énormes. Pour tout cela, il faudra convaincre les bailleurs de fonds et rendre l’environnement du pays favorable aux investissements.

Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) était présent à l’atelier avec une forte délégation des chercheurs.

Francis Hervé Rakotondravony, ingénieur en génie chimique et responsable du laboratoire de contrôle des pesticides, qui faisait partie de la délégation a surtout mentionné la nécessité du respect des normes et de la mise en place des bases scientifiques en béton pour que la région puisse acquérir des bagages face aux autres pays développés. «Grâce au Cirad, il existe déjà un projet d’harmonisation des normes dans l’océan Indien. Nous avons déjà commencé avec la phytosanitaire» rapporte le chercheur.

La réalisation de ce projet nécessite beaucoup de fonds. L’accès au financement devrait être facilité. La Bank of Africa (BOA) Madagascar, qui travaille depuis une cinquantaine d’années avec les paysans, manifeste déjà sa volonté de participer à ce projet. Lors de sa concrétisation, la banque est prête à baisser son taux pour les intéressés.

Joseph Michel, directeur délégué aux opérations internationales à la BOA Madagascar tire, cependant, la sonnette d’alarme sur la réalité qui prévaut sur le mode de paiement actuel et qui pourrait affecter les futurs exportateurs dans ce projet.

«Il existe deux sortes de mode de paiement. Le premier, c’est le crédit documentaire. Dans ce système, la banque donne des garanties aux exportateurs sur la possibilité de paiement des importateurs. Le second, c’est la remise libre où il n’y a pas de garantie et qui est interdite par la loi.

Le problème réside dans le fait que 90 % des exportateurs malgaches recourent à la remise libre, suite aux demandes des importateurs. Alors que les exportateurs étrangers exigent toujours le crédit documentaire», explique-t-il. Apparemment, les exportateurs malgaches se soumettent à cette condition par crainte de perdre le marché.

 

Source: l’Express.mu

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