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Tropics Woman ~ Kaïssa Doumbe Moulongo

Quand une voix originale s´élève, les amoureux de la musique tendent l´oreille. Un public fidèle, fervent, et de plus en plus large se rassemble autour de Kaïssa.

1 copyKaïssa est une enfant du Cameroun, pays de très riche et ancienne culture. Ses parents s’installent à Paris alors qu’elle encore une toute petite fille. Depuis les années quatre-vingts, Paris est un creuset des musiques du monde. Quelques dix ans plus tard, l´effervescence autour des musiques africaines —mbalax sénégalais, soukous zaïrois, makossa camerounais, afro-beat ou juju nigérian– est à son comble. Les remarquables dispositions vocales de Kaïssa attirent l´attention. La rencontre avec CharlÉlie Couture, qui lui propose de l’accompagner dans sa tournée européenne, est décisive. Kaïssa monte dans le bus pour ne plus jamais regarder en arrière.

La voix de Kaïssa, pleine et centrée, est un magnifique instrument – chaleur du timbre, richesse des couleurs et des inflexions ; puissance et retenue, maîtrise et liberté d´invention, jaillissements de joie vitale. Ses pairs l’observent et elle travaille avec des artistes aussi lumineux que Manu Dibango, Papa Wemba, Salif Keita, Jean-Michel Jarre, Cesaria Evora, Sekouba Bambino, Martha Wash ou encore Diana Ross.

Aujourd’hui New Yorkaise, Kaïssa s’est entourée de musiciens de renommée mondiale qui partagent sa vision. Son premier album, Looking There, sort en mars 2004 chez Sony Music South Africa. La richesse vocale et la force d’interprétation du fonds rythmique africain et occidental, la qualité des mélodies et l’intelligence des textes, lui valent une critique enthousiaste. Kaïssa chante la condition humaine. Elle dénonce l’oppression et la force brutale et célèbre aussi la joie de vivre, la dignité de son Cameroun natal, les parents vivants et morts. Elle y exprime son désir d’inclure « l’au-delà » des autres.

Après sa remarquable performance au XVIe Festival Africain à Würzburg, en Allemagne, au mois de mai 2004, la critique unanime évoque « l’une des grandes voix africaine d’aujourd’hui ».

La réception de Looking There ouvre à Kaïssa de nouvelles portes. Elle fait une entrée remarquée dans trois compilations de Putumayo dont Global Soul, World Reggae et Women of Africa ».
En octobre 2006, Kaïssa assure le tomber de rideau Quatre-vingtième Anniversaire du Schomburg Center for Research in Black Culture. Un parterre qui rassemble les plus grandes figures noires du monde de la politique et de la culture –le chanteur américain Harry Belafonte, l’écrivain nigérian Chinua Achebe, l’historien John Hope Franklin, le réalisateur William Greaves, la poétesse Maya Angelou – remués par son éclatante prestation, acclament debout la chanteuse.
La préparation d’un nouvel album, un calendrier de concerts solidement établi. Kaïssa, plus que jamais, se fait entendre.

[CD Review]

La jaquette est banale. La qualité du contenu frappe d’autant plus. Je ne connaissais pas Kaïssa. A la réflexion, si. Je l’avais déjà très probablement entendue comme choriste dans les grands albums de musique africaine. Camerounaise, vivant à New York, avec longtemps un pied à Paris, Kaïssa a une voix riche et puissante. Looking There, en grande partie écrit de sa main, porte naturellement la marque des styles musicaux contemporains.

Il y a beaucoup de hauts dans cet enregistrement. Dans Essimo le morceau le plus brut, avec des percussions pour seul accompagnement, l‘interprétation est dénuée d’ornement et la voix, qui s’élance et s’émancipe, fait entendre son cœur et laisse deviner l´étendue de son registre. Un même parti de sobriété domine la composition reggae O Si Keka mais avec des pointes d’une très grande douceur. Joy exploite cette veine dans la composition et l´interprétation. Il manque à la reprise Big Brother de Stevie Wonders la force et la conviction des autres morceaux. C’est un temps faible de l’album. On regagne en hauteur avec Sangwam. Magnifique d’intériorité majestueusement partagée, c’est, selon moi, la voie d´écriture que Kaïssa devrait suivre. Il y a une quantité surprenante d’interprètes, de compositeurs et de musiciens médiocres qui parviennent à se faire une place –je ne sais pas si c´est une bonne chose à dire. Kaïssa, à l’évidence une jeune musicienne qui a fait ses armes avec les plus grands, est à l’opposé du spectre. Elle prend le temps, à son tour, de construire les fondations d’une très prometteuse carrière.

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